24 août 2007

le temps ne gueris pas les blessures il ne fait qu'en attenuer la douleur

Trois ans plus tard, il était de l'autre côté de la rive, trois ans plus tard il me regardait, ne détournait pas les yeux, il me fixait, il ne souriait même pas. Il me donnait l'impression de me re découvrir, de la même façon qu'il m'avait découvert la première fois. On s'était quitté sur les bords de la plage, je m'étais réveillée au matin couverte d'une serviette, l'air marin fouettant mon visage, et lui était parti. Il ne m'avait laissé aucun mot, il avait fuit, il ne pouvait sûrement pas aimer, je l'ai haïs pendant longtemps.

Et à ce moment, les souvenirs de cette dernière soirée ont ressurgis, je me suis demandée ce qui avait été la cause de ce départ, qu'est ce qui avait bien pu lui faire peur? Il savait pourtant que je ne recherchais pas à mettre en cage un oiseau sauvage, moi même j'aimais déjà trop ma liberté, ma solitude, autant que je les aime encore aujourd'hui.
Cet homme fut le premier à éveiller mon corps à des plaisirs qu'il n'aurait su imaginer seul, à la jouissance du toucher, du baiser, de la caresse. Il a éveillé mon corps à devenir celui d'une femme, sans ne m’avoir rien volé, en retour, sans s'en rendre compte il m'avait tout offert, et m'avait offert ce qui n'avait aucun prix, et ce que lui ne voyait pas.
Qu'il soit parti, m'a fait souffrir pendant longtemps, et puis un jour la cicatrice a fini par cicatriser, surtout que ce soir là, en tombant à terre, je me suis blessée, un coquillage m'a coupé au niveau de la cheville. J'en porte encore à ce jour la trace, trace indélébile, j'ai encore cet homme dans la peau, et à chaque fois que je ressort sur ma terrasse, ou que j'ai un modèle sur mon petit tabouret noir, je le revois.
C'est un peu comme si j'étais maudite, maudite d'avoir aimé quelqu'un que j'avais peut être mal aimé, et maintenant je le voyais en face, sur la rive opposée, j'aurais peut-être enfin les réponses que j'attendais de lui?

Nous sommes restés quelques minutes l'un face à l'autre, j'espérais qu'il passe le petit pont et me rejoigne, mais il n’en fit rien, il resta à me regarder, cela me sembla durer une éternité.
La pluie tomba, ni l'un ni l'autre ne bougea, elle tomba de plus en plus fort, puis s'arrêta. Nous étions trempés de la tête au pied, et encore là il ne bougea pas, moi non plus.
Je regardais cet homme, il faisait ressurgir en moi des sentiments longtemps enfouis, j'attendais qu'à un moment ou à un autre il s'avance et vienne vers moi, mais il n'en faisait toujours rien. Il me regardait, je le vis essuyer une larme qui glissait le long de sa joue, je vis dans ses yeux le poids de la culpabilité, la distance ne m'empêchait pas de lire en lui comme je l'avais fait lors de notre première rencontre. Il n'avait guère changé, il était seulement moins bien rasé, ses cheveux était broussailleux, et ça lui donnait cet air que j'aime tant chez un homme, la sauvagerie mélangé à la douceur, une âme d'artiste, mais en façade.

En réalité j'écris cela, mais je l'ai vu pleurer, pleurer, jusqu'à m'en faire pleurer aussi, je fondis en larme, et on était toujours l'un en face de l'autre, séparés par la rivière, mais jamais il ne traversa, et je ne le fis pas non plus.

Et puis, quelques minutes après de ce temps passé, connectés par nos regard, quelqu'un vint le chercher, lui pris la main, c'était une femme, certainement sa femme, il m'adressa un dernier regard après il disparu .

Je ne dirais pas que je ne l'ai jamais revu, ce serait faux, on s'est revu, on s'est regardé, mais cette fois ci tour à tour, l'un détournant le regard lorsque l'autre le croisait, et vice versa.

Aujourd'hui je sais que j'ai sûrement vécu les meilleurs moments avec lui, qu'il m'a laissé une immense déchirure, mais tel le Phénix, je renais toujours de mes cendres, et comme chacun le sait, à chaque renaissance le Phénix est toujours plus beau.

Je dédis ces deux premières chroniques à la personne qui m'a donné l'occasion de reprendre l'écriture, a toi Y. et que la vie te soit toujours plus belle.

Les chroniques sont loin d'être finie, je n'ai jamais dit mon dernier mot

ROWAN

Posté par rowan_F à 18:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]


Commentaires sur le temps ne gueris pas les blessures il ne fait qu'en attenuer la douleur

Nouveau commentaire